Sophie Adenot : l’aventure incroyable de la future deuxième femme française dans l’espace

Visite de Sophie Adenot au Centre spatial de Toulouse.

Quand on parle d’astronautes, on pense souvent à des héros lointains, presque irréels. Pourtant, certains viennent de villages français, ont été au collège comme tout le monde… et finissent un jour par s’envoler vers l’espace.
C’est exactement ce qui arrive à Sophie Adenot, une Française de 42 ans, qui va réaliser un rêve un peu fou : devenir la deuxième femme française à partir dans l’espace, presque 30 ans après Claudie Haigneré.

Son décollage est prévu pour février 2026, direction la Station spatiale internationale (ISS), pour une mission de huit mois. Huit mois en apesanteur, à 400 km au-dessus de la Terre, dans un laboratoire volant qui fait le tour de la planète en 90 minutes.

Mais qui est vraiment Sophie Adenot ? Comment devient-on astronaute ? Et que va-t-elle faire pendant presque un an là-haut ?
Accroche-toi : son histoire est passionnante.


Qui est Sophie Adenot ? De Bourgogne à l’espace : le parcours inspirant d’une passionnée

🔹 Une enfance entre villages, rêves et observation du ciel

Sophie Adenot n’a pas grandi dans une grande ville ni dans un environnement « spécial ». Elle est née en 1982 en Bourgogne, et comme beaucoup d’enfants, elle aimait regarder les étoiles la nuit.
Ce qui la fascinait le plus ? Comprendre comment les choses fonctionnent. Elle démontait des objets, posait mille questions, et adorait tout ce qui volait.

Elle raconte souvent cette anecdote :

« J’étais petite quand j’ai vu une vidéo montrant des astronautes flotter dans l’ISS. Je me suis dit : un jour, moi aussi j’irai là-haut. »

Ce genre de rêve, beaucoup d’enfants l’ont. Mais Sophie, elle, n’a jamais cessé d’y croire.


🔹 Une élève brillante… mais surtout déterminée

Au collège et au lycée, elle n’était pas « un génie » comme on pourrait l’imaginer. Elle le dit elle-même :

« J’ai dû travailler dur. Rien n’a été facile, mais rien n’était impossible. »

Elle se passionne pour les sciences, surtout les maths et la physique, puis passe les concours pour intégrer une école d’ingénieurs en aéronautique.
Objectif : comprendre comment volent les avions… puis les piloter.


🔹 Ingénieure, pilote d’essai, puis… astronaute !

Avant de rejoindre l’Agence spatiale européenne (ESA), Sophie a vécu une première carrière déjà incroyable :

  • 🎓 Ingénieure aéronautique
  • ✈️ Pilote d’essai d’hélicoptères dans l’armée de l’air
  • 🧪 Spécialiste en sécurité aérienne
  • 🛫 Plus de 3000 heures de vol
  • 👩‍✈️ Première femme française diplômée de la mythique école américaine MIT en pilotage spatial

Elle a testé des hélicoptères dans des conditions souvent extrêmes pour vérifier leur comportement, améliorer leur sécurité, comprendre ce qui pourrait mal tourner en situation réelle.

Beaucoup de gens ignorent ce point, mais les pilotes d’essai sont parmi les profils les plus recherchés pour devenir astronautes : sang-froid, rigueur, gestion du stress, maîtrise technique… autant de qualités indispensables.

Comment devient-on astronaute en Europe ?

En 2022, l’ESA lance une grande sélection pour recruter de nouveaux astronautes, avec plus de 22 000 candidat·es venant de toute l’Europe. Après une série de tests médicaux, psychologiques, techniques et d’aptitudes en équipe, Sophie Adenot fait partie des cinq personnes retenues comme astronautes de carrière.

En avril 2024, elle obtient officiellement son brevet d’astronaute et devient la deuxième femme française à porter ce titre, plus de vingt ans après Claudie Haigneré. Quelques mois plus tard, elle est choisie pour une mission de longue durée à bord de l’ISS, prévue en 2026.

En 2022, elle est sélectionnée parmi plus de 22 500 candidats pour devenir astronaute de l’ESA. Un chiffre énorme.

Quand son nom a été annoncé, elle raconte avoir « tremblé d’émotion ».

🚀 2026 : Sophie Adenot s’envole pour l’ISS

Deux ans plus tard, nous y sommes presque.
En février 2026, Sophie s’envolera pour 8 mois à bord de l’ISS.

🔹La mission Epsilon : le grand départ

Le nom de la mission de Sophie Adenot est « Epsilon », une lettre de l’alphabet grec souvent utilisée en science. Elle s’envolera à bord d’une capsule Crew Dragon, construite par SpaceX, au sommet d’une fusée Falcon 9, depuis la Floride, pour rejoindre l’ISS en orbite à environ 400 km au-dessus de la Terre.

La mission doit durer entre 6 et 8 mois, ce qui en fait un long séjour pour une astronaute française, après la mission Alpha de Thomas Pesquet en 2021. À bord, elle travaillera avec des astronautes de la NASA, de l’ESA, de l’agence japonaise JAXA et d’autres agences partenaires.

🔹 L’ISS, c’est quoi exactement ?

Beaucoup d’ados connaissent le mot, mais pas vraiment ce qu’est cette station.
L’ISS (International Space Station, en Français cela signifie Station spatiale internationale), c’est un immense laboratoire construit par plusieurs pays (Europe, États-Unis, Japon, Russie…). Elle mesure plus de 100 mètres de long et tourne autour de la Terre 16 fois par jour.

À l’intérieur, les astronautes vivent en apesanteur dans un espace assez réduit, un peu comme dans un appartement de 100 m²… mais où vivent 6 à 7 personnes en même temps.

Alors comment Sophie se prépare-t-elle à ça ?

Un entraînement extrême pour affronter l’espace

Sophie explique qu’elle ressent un mélange d’excitation et de « stress intense ». Normal : la mission est très longue, très technique, et les astronautes doivent se préparer à absolument tout.

Voici ce à quoi elle s’entraîne :

🌊 1. Sorties spatiales en piscine géante

Les astronautes simulent les sorties dans l’espace dans un immense bassin rempli de maquettes de l’ISS.
Le scaphandre pèse 120 kilos sur Terre, mais dans l’eau, il devient « neutre » pour imiter l’apesanteur.

🔥 2. Séances de survie

Que se passe-t-il si la capsule atterrit au mauvais endroit ?
Si un incendie se déclare dans l’ISS ?
Si l’oxygène baisse ?
Elle doit apprendre à réagir en quelques secondes.

🌀 3. Centrifugeuse

Elle est envoyée dans une machine qui reproduit les forces du décollage : jusqu’à 4 ou 5 fois le poids du corps.

Imagine être plaqué au siège comme si quelqu’un appuyait sur toi avec une voiture entière !

🛠️ 4. Réparations techniques

Un astronaute doit être capable de réparer quasiment tout :
câbles, panneaux électriques, équipements scientifiques…
parce qu’il n’y a aucun réparateur dans l’espace.

👨‍⚕️ 5. Soins médicaux

Elle apprend à réaliser des gestes de soins, car l’ISS n’a pas de médecin à bord.

Elle apprendra même à faire des échographies seule, en suivant l’instruction d’un médecin depuis la Terre.

Ce que Sophie va faire là-haut : une mission scientifique XXL

Sa mission est loin d’être une simple expérience personnelle. Ce qu’elle fera là-haut concerne des milliers de chercheurs… et même des centaines de milliers d’élèves français.

Voici les expériences principales.


🧬 1. Étudier le corps humain dans l’espace

La microgravité (comme le fait de flotter) change tout dans le corps :
les muscles s’affaiblissent, les os deviennent plus fragiles, le cœur se modifie…

Sophie va fournir des données médicales de référence au CNES (l’agence spatiale française).
Ces données sont très rares et servent à comprendre :

  • le vieillissement du corps
  • la perte musculaire
  • les maladies liées aux os
  • le fonctionnement du cœur

Ces recherches sont utilisées pour aider les personnes âgées, les malades et même les futurs astronautes de missions vers Mars.

C’est quoi, la microgravité ?

Sur Terre, tu sens ton poids parce que la gravité te tire vers le sol. Dans l’ISS, les astronautes ne flottent pas parce qu’il n’y a plus de gravité, mais parce que la station tombe en permanence autour de la Terre : on parle de microgravité. C’est comme si tu étais dans un ascenseur qui descend en chute libre, sauf que là, ça dure des mois.

En microgravité, tout change : les liquides ne coulent plus pareil, les muscles et les os se fragilisent, et même le sang circule différemment. Comprendre ces effets permet de mieux protéger les astronautes, mais aussi de mieux comprendre certaines maladies liées au vieillissement sur Terre.


🧥 2. Tester une nouvelle combinaison spatiale

Sophie testera aussi un prototype de nouvelle combinaison, conçue pour améliorer la sécurité et le confort des astronautes. Une combinaison, ce n’est pas juste un « déguisement d’astronaute » : c’est une sorte de mini-vaisseau spatial individuel capable de :

  • protéger du vide
  • réguler la température
  • protéger contre les radiations, et les micro-météorites
  • résister au vide spatial
  • maintenir la pression du corps

Tester ces combinaisons est essentiel pour les futures missions lunaires, ou martiennes !

Les ingénieurs cherchent à rendre ces combinaisons plus faciles à enfiler, plus souples et mieux adaptées à des missions plus longues ou à des sorties sur la Lune. Les tests de Sophie dans l’ISS permettront de repérer les défauts et d’améliorer les versions futures avant de les utiliser pour de grands projets spatiaux.


🌱 3. Faire pousser des plantes dans l’espace

L’une des expériences les plus originales s’appelle ChlorISS :
Sophie fera germer des graines… en même temps que 260 000 élèves en France.

C’est un projet éducatif et scientifique mené par le CNES avec des écoles françaises. L’idée : faire germer et pousser des graines d’« arabette des dames » et de mizuna (une plante proche de certaines salades) à la fois dans l’ISS et dans des milliers de classes en France.

Environ 4 500 établissements, du primaire au lycée, ont été sélectionnés pour participer, soit environ 260 000 élèves qui mèneront le même protocole que Sophie, mais sur Terre. Les élèves pourront comparer leurs résultats à ceux obtenus dans l’espace et découvrir concrètement comment la lumière et la gravité influencent la croissance des plantes.

Cette expérience permet d’imaginer comment nourrir les astronautes lors de futures missions très longues.

Pourquoi les plantes dans l’espace, c’est sérieux ?

Les plantes sont vitales pour les futures missions longue durée : elles produisent de l’oxygène, recyclent une partie du dioxyde de carbone, et peuvent servir de nourriture fraîche. Comprendre comment elles poussent en microgravité, comment elles se tordent, s’étirent ou orientent leurs racines sans « haut » ni « bas », est donc essentiel.

En étudiant des espèces modèles comme l’arabette des dames, les chercheurs espèrent mieux comprendre les mécanismes fondamentaux de la croissance végétale. Ces connaissances peuvent aider à améliorer l’agriculture sur Terre, par exemple en rendant certaines plantes plus résistantes au stress ou en optimisant leur croissance en serres.


🖥️ 4. Utiliser l’intelligence artificielle pour la médecine

Elle réalisera des échographies en autonomie, c’est-à-dire sans médecin physiquement présent à côté d’elle, accompagnée à distance par une IA de guidage.
Un test crucial pour les futures missions où les communications seront trop lentes pour recevoir des instructions depuis la Terre, comme vers Mars (20 minutes de décalage !).


🛰️ 5. Participer à la maintenance de l’ISS

Vérifier les panneaux solaires, changer des filtres, réparer des câbles…
Sans ces tâches, l’ISS ne pourrait pas fonctionner.


Vivre huit mois loin de la Terre

Au-delà de la science, la mission est aussi une aventure humaine : pendant environ huit mois, Sophie vivra dans un espace réduit, avec une petite équipe, sans pouvoir sortir prendre l’air. Elle devra gérer la distance avec ses proches, le décalage horaire et la routine parfois très stricte de la station.

Elle dit être « curieuse » de découvrir ce qui lui manquera le plus de la vie sur Terre, et se prépare psychologiquement à cette expérience extrême. La gestion des émotions, du moral et du travail en équipe est un aspect souvent moins visible, mais tout aussi important que la performance scientifique.


Ce que ça change pour le futur du spatial

La mission Epsilon s’inscrit aussi dans une stratégie plus large : préparer la présence de l’Europe dans les futures stations spatiales et les missions lunaires. Les données, les tests de matériel et les expériences menées par Sophie serviront de brique pour des projets plus ambitieux, comme des séjours plus longs ou des bases lunaires.

Le spatial n’est plus seulement un symbole de prestige, mais un laboratoire pour l’énergie, la santé, l’agriculture, les télécommunications et l’observation de la Terre. Ce que des astronautes comme Sophie testent en orbite peut se retrouver un jour dans des technologies que l’on utilise au quotidien.


Et toi, dans tout ça ?

Si tu lis cet article, tu te dis peut-être que tout cela est très loin de ta vie de collégien ou lycéen. Pourtant, derrière chaque mission, il y a des élèves qui ont aimé les sciences, la techno, l’anglais, ou qui ont été inspirés par une vidéo, un livre, un reportage. Sophie, un jour, a simplement vu à la télé le vol d’une autre femme, et c’est là que tout a commencé pour elle.

Alors, qu’est-ce qui, aujourd’hui, te donne envie d’en savoir plus : piloter un hélico, coder un robot, dessiner des fusées, comprendre le corps humain, étudier les plantes, observer le ciel ? Et si, dans quelques années, c’était ton nom qu’on annonçait pour une mission vers l’ISS… ou encore plus loin ?

Crédit Photo : © CNES/OLLIER Alexandre, 2025

By ekkoo

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